08 avril 2008
Disponible dès maintenant.
Le livre est enfin disponible, vous pouvez le commander sur notre site Internet : www.editions-la-madoliere.com/015.htm
Les 15 premières commandes recevront un cadeau.
Ne passez pas à côté... tombez dedans.
La Mad'
01 avril 2008
A bientôt, en dessous de zéro !
Aujourd’hui, sortie.
Rendez-vous où vous savez.
Enfilez vos gants.
N’oubliez pas votre masque.
Ni vos outils.
Silence en sous-sol.
Les écrins scintillent.
Poignées chromées.
Coulissez.
Toujours cool.
Oh, cool !
Vous me reconnaîtrez.
Très calme.
Avec un sourire crispé.
J’aurai une étiquette à l’orteil.
Dernier tiroir,
En bas, à droite.
Dans ma boîte.
31 mars 2008
Un certain Vivian Darkbloom...

La notion même de symbole m’a toujours fait
horreur. A chaque fois que vous croyez voir un symbole, demandez-vous si vous
ne voyez pas la trace de votre propre pied.
28 mars 2008
J'ai déjà donné !
Autodafé
Quand un N’animateur cligne :
« On va vous donner le goût de lire. »
Demande-lui :
« De gré ou de force ? »
Quand un N’écrivain pontifie :
« Les livres c’est important. »
Vérifie ton portefeuille :
« Les livres ? Les siens,
pardi ! »
Quand un N’artiste pleurniche :
« La culture manque de moyens. »
Garde l’œil sec, la bouche amère :
« Moyens, vous l’êtes tous… »
Quand un N’usager radote :
« Oh, lire c’est ma drogue. »
Souviens-toi du slogan :
« La drogue c’est de la merde. »
Quand un N’humaniste baratine :
« Tolérance, humilité… Pas
d’élitisme ! »
Arrache-lui ses gants et son tablier :
« Dégage, curé ! »
Quand une bibliothécaire bave :
« La culture épanouit. »
Dégaine ton magnum :
« T’as vu ta trogne, sorcière ? »
FEU !
27 mars 2008
Chasse aux sorcières
Au bunker, ils voulaient nous sortir le huit mars. Puis, ils ont choisi le premier avril. Après la journée de la Femme, celle du poisson. Cherchez le rapport... Un indice : ça pique, ça coupe et d'habitude, vous me le plantez dans le dos.
Il faut dire, les pros de l'imaginaire, je les connais ces carabins. D'abord, ils vont prendre l'air de celui qui n'a rien vu, rien lu. Ensuite, il y en aura toujours un, plus chien que les autres, qui me reniflera les coutures : "Peuh, ça suinte et il n'y connaît rien aux virgules." Et après? Oh, comme d'habitude : l'hallali! L'effet blackboulage de neige avec des galaxies de merde et un panaris en bonus. Comment, vous ne me croyez pas? Regardez, ils dressent déjà les bûchers!
Ah, c'est malin...
Si on avait su, on aurait gardé la journée de la Femme.
23 mars 2008
Pacte de suicide ? Ok, toi d'abord !
Ce
n’est pas parce qu’on meurt qu’il faut tirer une tête d’enterrement. Souriez ou
alors faites des grimaces ! Et puis, est-ce que je me plains, moi ? Avec
une trogne pareille, je pourrais en organiser des animations pour enfants.
D’ailleurs, regardez notre merveilleux pays ruiné : les agonisants en rêvent.
Cocagne de piqûres ! Bouillon d’onze heures à tous les étages !
Euthanasie remboursée par la Sécu. Visitez Charleroi et partez soulagés : « au moins, on aura échappé à
ça. »
D’ailleurs, vous pensez bien, le droit de crever, ils vous
l’accorderont sans problème et avec le petit coup de pouce sur la seringue. C’est la moindre des choses après vous avoir autant pourri la
vie.
Bref, je ne sais pas vous mais moi, la mort ça me donne envie de chanter. Notez que je n’ai rien d’un cygne, mais tout d’une hyène. Et comme chacun sait, le refrain vient en ricanant. Ce tube, vous le connaissez peut-être. Non, ce n'est pas le respirateur.
Les hommes d'affaires viendront faucher mes dents en or qu'ils revendront à mon fan club, au prix très fort.
Je ne suis qu'un produit, une poignée de dollars, je ne suis qu'un paumé cynique et dérisoire.
Je ne suis qu'un bouffon planqué sous ses paillettes, je ne suis qu'une chanson qu'on presse et puis qu'on jette.
08 mars 2008
Ich bin der Einselreisende der Nichtigkeit

(Franz Kafka : Journal)
Bête immonde
D’un
autre côté, comme dit le proverbe : « à défaut de tuer des femmes, il
faut bien tuer le temps. » En conséquence, je m’occupe d’un premier et
dernier roman. Une affaire sauvage ! Ces animaux-là mordent la main
qui les écrit. Après, étonnez-vous que les éditeurs adoptent des caniches.
Bref, me voilà avec une bête immonde à la maison. Viande rouge, café noir et
coups de griffes. Il ne nous manque plus que le typhus ! Si j’avais su,
j’aurais acheté un fusil et tout serait déjà plié.
Un
extrait ?
Vous
voulez un extrait ?
Vous êtes de la police de la pensée ou quoi ?
07 mars 2008
Société du spectacle
Nous les ferons travailler, mais dans leurs loisirs nous organiserons leur existence comme un jeu d’enfants, avec des chansons enfantines, des chœurs, des danses innocentes. Nous leur donnerons le bonheur des créatures débiles telles qu’ils le sont…
(F. Dostoïevski : La Légende du Grand Inquisiteur)
06 mars 2008
Demain j'arrête le cyanure
Expliquer pourquoi j’ai écrit me donne l’impression de comparaître devant le TPI. Prudence, les nuits sont fraîches à La Haye. On en connaît qui ont pris froid.
Pourquoi j’ai écrit : « Avec nos poings d’acier. »
Pourquoi j’ai écrit : « Le Messie
de goudron. »
La
modernité est une Atlantide submergée d’ordures. Bien plus qu’un écrivain, je
suis un éboueur. Le clochard dont il est question campait près d’un feu rouge,
sur les quais. Je le croisais en rentrant des cours, vers minuit. Mon autoradio
hurlait en allemand. Nous avions le temps de nous adresser un certain signe,
connu des initiés. Un mardi, plus de clochard. Depuis, j’y repense comme à un
compagnon de désastre. J’espère que ses frères programment une machine
infernale, quelque part sur la pente. Quoi d’autre? Ah oui, j’ai arrêté
les cours.
Pourquoi j’ai écrit : « Mon
Testament. »
En période de crise, je rédige un testament pour me détendre. Généralement, il s’agit d’un puzzle d’indications, d’un jeu de pistes sans issue. En l’occurrence, d'un prétexte pour tourner en dérision les « professionnels de l’imaginaire. » Vous savez : tous ces gens qui écrivent comme un plombier effectue une soudure. Allons, bande de génies… Vous êtes tous des poètes. Moi seul suis du côté de la mort.
Mais demain, promis, j'arrête le cyanure !


